Virgules, je vous aime
- cedricdemylo
- il y a 20 heures
- 2 min de lecture

Je suis un adepte de la virgule.
Pour l’auteur que je suis, ce petit signe de ponctuation est avant tout une respiration. Il me permet de ralentir, de reprendre mon souffle, de repartir, de concert avec mon texte. J’aime cette façon qu’il a de suspendre la phrase sans vraiment l’interrompre.
Ce n’est pas toujours l’avis de mon ami en littérature et bêta-lecteur Olivier Molière. Il m’interroge parfois sur l’utilité de telle ou telle virgule. Était-elle vraiment nécessaire ? La phrase n’aurait-elle pas mieux respiré sans elle ?
Et Olivier n’est pas le seul.
Dans mes autres écrits, publiés sous un autre nom et dans un univers très différent, mes compagnons d’écriture me font parfois la même remarque.
Alors forcément, je m’interroge.
La virgule, qui me semble ouvrir un espace entre les mots, pourrait-elle au contraire les enfermer ? À trop vouloir donner du rythme à une phrase, est-ce que je finis par brider son élan ? À force de ménager des respirations, ne risque-t-on pas de transformer le souffle en hésitation ?
Et puis il y a une question qui me trouble davantage.
Notre ponctuation dit-elle quelque chose de notre manière de penser ?
La multiplication des virgules pourrait-elle être interprétée comme une volonté de retenir les mots et, au-delà des mots, la pensée ? À vouloir ménager des respirations, est-ce que je ne finis pas par entraver le cheminement de la phrase ?
Je regarde cette photo prise au détour d’une promenade.
Un chemin. Des pommes de pin semées un peu partout.
Elles le jalonnent, accrochent le regard, imposent presque leur rythme à celui qui avance. Pourtant, aucune ne l’empêche de poursuivre.
Mes virgules ressemblent peut-être un peu à ces pommes de pin.
Elles ponctuent mon chemin d’écriture. Certaines sont sans doute nécessaires, d’autres peut-être moins. Certaines invitent à ralentir, d’autres sont à peine remarquées. Mais toutes participent, à leur manière, au rythme de la marche.
Reste à savoir combien il en faut pour jalonner le chemin… et combien il en faudrait pour finir par l’encombrer.
Et, après tout, est-il vraiment nécessaire d’aller toujours tout droit ?




Commentaires