Cédric de Mylo

Les garçons de Varennes
parution en janvier 2026


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20 juin 1791. Paris dort, mais la monarchie s’enfuit.
Dans la lourdeur d’une nuit d’été, une berline quitte discrètement la capitale. À son bord : Louis XVI, Marie-Antoinette et leurs enfants, accompagnés de quelques fidèles. Sous de fausses identités, ils cherchent à gagner la frontière pour sauver une couronne qui vacille. L’Histoire retient cette nuit comme celle où le destin de la France a basculé.
Mais dans l’ombre de cet événement, une autre histoire s’écrit. Celle d’Adrien, fringant lieutenant de dragons issu de la vieille noblesse, et d’Étienne, simple garçon d’écurie au relais de Sainte-Menehould.
Rien ne devait réunir ces deux hommes que tout oppose. Pourtant, au cœur de la tourmente révolutionnaire, le hasard les lie par un dessein capable de changer le cours du temps : soustraire le petit Dauphin au destin tragique qui l'attend.
Dans un royaume tourmenté, hésitant encore entre sa fidélité au trône et sa soif de liberté, Adrien et Étienne se lancent dans une chevauchée éperdue. Sur leur route, alliés inattendus et ennemis implacables transformeront leur fuite en une épopée au souffle épique. Dans ce tourbillon où le danger est omniprésent, un amour interdit pourrait bien être leur seule boussole.
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Autour d'un café,
entretien avec
mes alpha-lecteurs...

@Olivier Molière : Pourquoi avoir choisi ce décor de Varennes ?
@Cédric de Mylo : Je l’ai choisi pour son incroyable potentiel romanesque. La fuite à Varennes est inscrite dans notre mémoire collective. Je voulais jouer avec cette mémoire : vous emmener sur des routes que vous croyez connaître pour mieux vous dérouter…
@Olivier Molière : Pourquoi mettre de côté le Roi et la Reine après leur séparation avec leur enfant et leur retour à Paris ? (Même si on sait ce qu'il va advenir…)
@Cédric de Mylo : J'adore cette époque de bouleversements, mais c'est un terrain miné ! Dans cette grande Histoire que tout le monde connaît, j'ai choisi de ne tirer que sur un seul fil, très ténu : celui du Dauphin. Tout mon roman repose sur ce « Et si le Dauphin... ? ». Pour que l'hypothèse fonctionne, il fallait que le reste du décor reste solide. J'ai donc laissé le Roi et la Reine à leur destin tragique et immuable, pour mieux libérer leur fils. C'était un exercice d'équilibriste : bousculer un seul domino (le sort de l'enfant) sans faire tomber tous les autres. À vous de me dire si l'illusion a tenu !
@Olivier Molière : Dans le chapitre 36, « Mise à nu », pourquoi la scène sensuelle est-elle inachevée ?
@Cédric de Mylo : C'était un pari risqué ! J'ai écrit des scènes très charnelles plus tôt dans le roman, quand ils se découvraient. Mais ici, au chapitre 36, l'enjeu n'est plus la curiosité des corps, mais la fusion des âmes. Le lecteur connaît désormais l'odeur, la peau, la fougue d’Adrien et d’Étienne. Je voulais vous laisser, vous lecteurs, devenir les metteurs en scène de cet instant. Parfois, ce qu'on imagine est plus puissant que ce qui est écrit.
@jack_and_mouss : On traverse le Gévaudan… Est-ce que l'ombre de la fameuse Bête plane sur le récit ?
@Cédric de Mylo : Absolument. Pour mes personnages, ce n’est pas de l’histoire ancienne : la Bête a sévi jusqu’en 1767, le traumatisme dans les campagnes est encore à vif. Je ne pouvais pas l'ignorer. Dans la deuxième partie, elle est partout : dans l'ombre des vautours, dans les hurlements des loups, dans les murs du monastère... et peut-être même qu'elle s'est réincarnée en Carrié.
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@jack_and_mouss : En ce qui concerne le sort du Dauphin, tu nous laisses dans le flou…
@Cédric de Mylo : Je n'ai pas touché à la fatalité de l'Histoire : la déchirante séparation d'avec ses parents a bien lieu. Mais même si je confronte l'enfant à un monde hostile, j'ai voulu réenchanter son chemin grâce à cette fuite et aux adultes qui le protègent. Je l'ai ainsi soustrait à la prison du Temple et à ses geôliers indignes. Certes, nous savons aujourd'hui qu'il n'a pas survécu, mais mes personnages, eux, l'ignorent. En laissant Adrien et Étienne dans l'attente en Espagne, je tire ma révérence pour laisser la réalité reprendre ses droits. Le roman s'arrête là où la tragédie historique commence.
@jack_and_mouss : Que vont devenir Adrien et Étienne ? Pourquoi ne pas avoir écrit un peu plus sur eux ? Va-t-on les revoir dans le tome 2 ?
@Cédric de Mylo : Je vais être franc : je ne sais pas encore ce que l'avenir leur réserve. Mais une chose est sûre : nous entendrons parler d'eux dans le tome 2. Et puis, en attendant, n'est-ce pas savoureux de pouvoir imaginer soi-même leur destin ?
@jack_and_mouss : Certains chapitres te renvoient-ils à tes propres lectures ? En d’autres termes, t’ont-elles inspiré ?
@Cédric de Mylo : Oui, très clairement. Je suis né et j’ai grandi à une époque sans écrans… J’ai donc eu la chance, par mes lectures de jeunesse, de me forger mes propres images mentales. Sans forcément m’en apercevoir, j’ai invité tous ces souvenirs de papier dans mon récit.
@Olivier Molière : Peux-tu nous donner des exemples ?
@Cédric de Mylo : Avec plaisir ! « Le carrefour des brigands » (chapitre 17) est un clin d'œil au Bossu de Paul Féval, tandis que « La Tuilière » (chapitre 30) évoque Jacquou le Croquant d’Eugène Le Roy. D'autres passages ont le parfum de Sans Famille d’Hector Malot… Finalement, nous sommes le produit de nos rencontres littéraires… Et les miennes sont profondément ancrées dans le XIXe siècle.
@Olivier Molière : Tes scènes sensuelles sont très explicites. N’est-ce pas du voyeurisme ?
@Cédric de Mylo : Elles ne sont jamais gratuites : elles servent l'histoire. La frontière est simple : si le lecteur reste spectateur froid, c'est du voyeurisme. Mais s'il s'identifie aux personnages et ressent leurs émois, alors c'est une scène d'amour. Mon but était de vous faire vivre cette passion de l'intérieur, pas de vous la montrer.
@jack_and_mouss : Et l’humour ?
@Cédric de Mylo : Indispensable ! Mais là encore, il ne doit pas être gratuit. L'humour est une arme formidable pour relâcher la tension dramatique ou glisser une critique sociale en douceur. Prenez la scène où Louise de Tourzel exige son chocolat dans une auberge espagnole miteuse : c'est drôle, oui, mais cela souligne surtout, de manière implacable, la déconnexion des élites de l'époque.
@Olivier Molière : Tu as intégré des cartes dans ton récit. Ne crains-tu pas un côté un peu trop didactique ?
@Cédric de Mylo : Je visais l'immersion totale. C’est un peu comme ces acteurs qui transforment leur corps pour habiter un rôle. Durant l’écriture, j’ai « vécu XVIIIe », respirant le libertinage, le chaos politique, les contradictions du siècle… Pour suivre mes personnages à la trace, la carte de Cassini s'est imposée : c'est un monument historique ! J’y ai déniché les moindres forêts, hameaux et étangs. Publier ces cartes, c'est vous ouvrir les coulisses de ce voyage.
@Olivier Molière : Juste un détail… J’ai lu que ces cartes proviennent des États-Unis. Pourquoi ne pas les avoir cherchées en France ?
@Cédric de Mylo : C'est un paradoxe amusant ! La France conserve bien sûr ce patrimoine, mais les droits sur les numérisations y sont verrouillés. Les États-Unis possèdent eux aussi de très beaux exemplaires d'époque. Et c'est la Bibliothèque du Congrès qui offre l'accès le plus libre à ces archives. J'ai donc dû traverser l'Atlantique virtuellement... pour mieux explorer la France !
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