Quand l'humour devient un masque...
- cedricdemylo
- il y a 3 jours
- 2 min de lecture

Stéphane : Ton nouveau roman est souvent drôle. C'est un registre que l'on ne retrouvait pas autant dans tes précédents livres. Pourquoi cette place accordée à l'humour ?
Cédric : Je n'ai jamais cherché à faire rire pour faire rire. L'humour est un formidable outil d'écriture. Il permet de faire respirer un récit, de dédramatiser certaines situations, mais surtout de mieux comprendre les personnages.
Stéphane : Tu penses à Matthieu ?
Cédric : Oui. Matthieu plaisante énormément. À première vue, on pourrait croire qu'il a toujours le mot pour rire. En réalité, il se protège. L'humour lui évite de montrer ses failles. Lorsqu'il est mal à l'aise, inquiet ou blessé, il préfère lancer une vanne plutôt que d'exprimer ce qu'il ressent vraiment.
Stéphane : En quelque sorte, il met un masque.
Cédric : Exactement. Beaucoup de personnes fonctionnent ainsi dans la vie. Elles font rire les autres pour éviter qu'on regarde de trop près leurs blessures. Je trouvais intéressant de donner cette dimension à Matthieu.
Stéphane : Pourtant, ton roman aborde aussi des thèmes difficiles.
Cédric : Justement. Si l'on ne laisse jamais respirer le lecteur, l'émotion finit par s'émousser. Quelques touches d'humour permettent d'alléger l'atmosphère avant que l'histoire ne retrouve sa gravité. C'est une question de rythme, mais aussi de crédibilité. Dans la vie, même au cœur des périodes les plus compliquées, il arrive que l'on plaisante. Les personnages ont le droit de faire la même chose.
Stéphane : Tout est donc une question d'équilibre ?
Cédric : C'est sans doute le mot le plus important. Trop d'humour, et l'émotion disparaît. Pas assez, et le récit peut devenir pesant. J'essaie de trouver ce point d'équilibre où un sourire rend les personnages plus humains sans jamais affaiblir ce qu'ils vivent. L'humour ne doit pas être décoratif ; il doit raconter quelque chose.



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