Le bonheur d'écrire à la première personne...

J'ai hésité à écrire à la première personne.
J'avais l'impression que la troisième personne faisait plus « sérieuse », plus « littéraire ». Comme si un narrateur omniscient apportait naturellement davantage de profondeur au récit.
En commençant Le chemin de Matthieu, j'ai pourtant décidé de franchir le pas.
Et j'ai découvert une sensation que je n'avais encore jamais éprouvée avec une telle intensité.
Très vite, je n'ai plus eu l'impression d'écrire sur Matthieu. J'écrivais avec lui.
Sa voix est devenue la mienne. Ses doutes, ses maladresses, ses élans guidaient les phrases presque naturellement. Peu à peu, je me suis surpris à ne plus réfléchir au choix du point de vue. Il s'est simplement imposé, jusqu'à se faire oublier.
C'est peut-être cela qui me plaît le plus.
Quand l'écriture s'efface, il ne reste plus que l'histoire.
Je ne prétends pas que la première personne soit meilleure que la troisième. Chaque roman appelle sa propre voix. Mais pour Le chemin de Matthieu, elle s'est révélée comme une évidence.
Finalement, le plus difficile n'était pas d'écrire à la première personne.
C'était d'oser lui faire confiance.




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