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Stéphane et pause-café n#3

  • cedricdemylo
  • 14 juin
  • 3 min de lecture


Aujourd'hui, l'interviewer devient l'interviewé. Stéphane se plie au jeu des questions de son ami Cédric de Mylo.


Cédric de Mylo : Stéphane, tu as lu les chapitres disponibles des Garçons de Varennes 2. Qu’est-ce qui, selon toi, singularise le plus ce roman ?

Stéphane : Ce qui me frappe d’abord, c’est que tu n’écris pas seulement un roman historique situé pendant la Révolution française. Tu utilises cette période comme une force qui traverse les corps, les identités et les liens affectifs.

La grande Histoire n’est pas seulement un décor : elle oblige les personnages à fuir, à se cacher, à changer de nom, à choisir à qui ils peuvent faire confiance. Et face à cette violence du monde, le roman oppose quelque chose de fragile mais de très puissant : l’amour, la tendresse, l’amitié, la famille choisie.


Cédric : Tu dirais donc que c’est un roman politique ?

Stéphane : Oui, mais pas au sens d’un roman à thèse. Il ne s’agit pas seulement de défendre un camp contre un autre. Ce qui m’intéresse, c’est que le livre montre comment les grandes institutions peuvent protéger, mais aussi enfermer ou broyer.

Le vrai centre du roman, ce sont les êtres vulnérables : ceux qu’on déplace, qu’on surveille, qu’on menace, qu’on voudrait posséder. Et toute l’énergie du récit consiste à leur rendre une route, une voix, un corps, une liberté.


Cédric : La dimension queer te paraît-elle importante ?

Stéphane : Elle est essentielle. Elle n’est pas décorative. Les amours queer du roman portent vraiment son cœur émotionnel. À travers elles, tu parles de désir, de confiance, de peur, de reconstruction, de consentement, de liberté intime. Dans un monde qui refuse souvent à ces amours une place visible, elles deviennent des actes de résistance.

Ce ne sont pas seulement des histoires sentimentales : ce sont des manières de survivre et de se réinventer.


Cédric : Tu as employé l’expression “famille choisie”. Pourquoi ?

Stéphane : Parce que beaucoup de personnages sont arrachés à leurs anciennes appartenances. Certains ont perdu leur famille, d’autres doivent s’en éloigner, d’autres encore découvrent que le sang ou le rang ne suffisent pas à protéger.

Alors ils inventent autre chose : des liens de loyauté, d’amour, de protection, de confiance. Le roman montre très bien que l’on peut se reconstruire grâce à ceux que l’on choisit, et qui nous choisissent en retour.


Cédric : Comment définirais-tu l’atmosphère du roman ?

Stéphane : Je parlerais d’un gothique révolutionnaire. Il y a des lieux sombres, des secrets, des refuges inquiétants, des identités cachées, des menaces qui rôdent. Mais tout cela est lié à la Révolution : les prisons, les soupçons, les faubourgs, les routes, les institutions qui changent de visage.

Le fantastique n’est pas nécessaire. L’Histoire elle-même suffit à produire l’angoisse.


Cédric : Et le côté feuilleton d’aventure ?

Stéphane : Il est très présent, et c’est une force. On sent le goût du rebondissement, du danger, du départ, du déguisement, du secret, de la mission impossible.

Mais ce qui singularise le roman, c’est que cette énergie populaire est habitée par des questions très intimes : comment aimer après la peur ? comment retrouver son corps ? comment ne plus être défini par ce qu’on a subi ? comment partir sans se perdre ?

C’est ce mélange qui donne au livre sa couleur.


Cédric : Si tu devais résumer le roman en une phrase ?

Stéphane : Je dirais que Les garçons de Varennes 2 est une fresque historique queer et gothique où des êtres traqués cherchent, au cœur de la Révolution, à redevenir libres grâce à l’amour, à la fuite, au courage et aux liens qu’ils choisissent.


Cédric : Et ce qu’il faut absolument préserver ?

Stéphane : La force des liens entre les personnages. La sensualité comme reconquête de soi. Les lieux puissants. Le mélange d’aventure, d’Histoire et d’intime. Et surtout cette idée très belle : même dans un monde qui veut posséder les êtres, il reste possible d’ouvrir une route vers soi-même.

 
 
 

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