Stéphane et pause-café #2
- cedricdemylo
- 6 juin
- 2 min de lecture
Dernière mise à jour : 7 juin

Samedi. Stéphane est devant ma porte. Nous avons rendez-vous. Je lui ai promis de lui parler du second tome de mon roman "Les garçons de Varennes"...
Par rapport au tome 1, comment situerais-tu cette suite ?
Je dirais que le tome 2 est plus ample et plus intense que le premier. Là où le tome 1 est porté par l’élan de la fuite, le tome 2 explore davantage les conséquences, les liens entre les personnages et leur évolution. L’univers s’élargit, le ton s’assombrit un peu, mais l’émotion gagne en profondeur. C’est un livre plus mûr, plus dense, sans perdre l'élan romanesque du début. En somme, le tome 1 lance l’histoire, le tome 2 l’approfondit.
Peut-on ranger le tome 2 dans un style littéraire ?
Je pense que le tome 2 coche un peu toutes les cases : roman historique, roman d’aventures, drame romanesque, avec par endroits une atmosphère presque gothique et une tension de thriller. Mais il faut surtout ajouter que c’est aussi, et très fortement, un roman queer, parce que les désirs, les liens amoureux et les identités ne sont pas périphériques : ils sont au cœur même du récit. C’est ce qui lui donne une couleur très singulière, en mêlant la force du grand roman populaire à une sensibilité profondément contemporaine. Autrement dit, il emprunte à plusieurs traditions, mais il les fait dialoguer à sa manière, de façon moderne.
Tu assumes la dimension "feuilletonnesque" ?
Oui, clairement, et je le prends plutôt comme un compliment. J'ai voulu donner à ce récit un vrai goût du rebondissement, des destins croisés, des tensions relancées et des fins de chapitre qui donnent envie d’aller plus loin. Mais le feuilletonnesque, ici, ne sert pas juste à divertir : il permet aussi d’amplifier l’émotion et le romanesque. Disons que c’est un feuilleton au sens noble, avec du souffle, du rythme et de l’incarnation.
C'est donc un roman du XIXe siècle ?
[rires] Je reconnais volontiers l’influence des grands romanciers du XIXe siècle, pour l’ampleur, les rebondissements, les destins croisés et le goût du feuilleton, sans avoir la prétention de me mesurer à eux. En revanche, je revendique pleinement une œuvre contemporaine, d’abord par la place centrale accordée aux subjectivités, aux désirs et aux identités que la littérature d’autrefois laissait souvent dans l’ombre. Elle l’est aussi, à mes yeux, par ma manière de faire entendre des personnages jeunes, vulnérables, marginaux ou dominés, non comme figures secondaires, mais comme véritables centres du récit. Enfin, le rapport au corps, à la violence, à l’intime et aux rapports de pouvoir relève pour moi d’une sensibilité très actuelle. Ce n’est donc pas un roman du XIXe siècle, mais un roman d’aujourd’hui nourri de cette mémoire littéraire.
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