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L'héritage du roman-feuilleton

  • cedricdemylo
  • il y a 4 jours
  • 2 min de lecture

Stéphane : En lisant Les garçons de Varennes, puis L'Odyssée des Proscrits, j'ai remarqué que beaucoup de tes chapitres se terminent au moment où le lecteur a envie de tourner immédiatement la page. C'est une méthode de travail ?


Cédric : Oui. Je construis mes romans comme un long voyage rythmé par de petites étapes. Chaque chapitre raconte quelque chose de complet, mais il ouvre aussi une nouvelle porte.


Stéphane : Certains appelleraient cela un cliffhanger.


Cédric : C'est vrai, même si je préfère parler d'héritage du roman-feuilleton. Bien avant les séries télévisées, des auteurs comme Eugène Sue ou Alexandre Dumas publiaient leurs romans par épisodes. Ils avaient compris qu'un récit gagne en force lorsqu'il entretient une attente. Le lecteur referme un chapitre avec une question, une inquiétude ou une promesse, et il n'a qu'une envie : poursuivre sa lecture.


Stéphane : Tu revendiques donc cette influence ?


Cédric : Oui. J'aime cette façon de raconter. Elle correspond parfaitement à l'esprit de Les garçons de Varennes et de L'Odyssée des Proscrits, qui sont avant tout des romans de voyage, de fuite et de rencontres. Les personnages avancent sans cesse, franchissent des frontières, affrontent des dangers, découvrent de nouveaux horizons. Il me paraît naturel que les chapitres portent ce mouvement.


Stéphane : Et cette façon d'écrire influence aussi ton travail au quotidien ?


Cédric : Énormément. Lorsque je termine un chapitre en laissant une porte entrouverte, je me donne moi-même envie de revenir à mon manuscrit le lendemain. J'ai envie de retrouver mes personnages et de poursuivre leur route. C'est une manière de conserver l'élan de l'écriture.


Stéphane : Tu cherches donc à tenir le lecteur en haleine ?


Cédric : Bien sûr, mais jamais gratuitement. Le suspense ne doit pas être un artifice. Il doit naître naturellement de l'histoire, des choix des personnages et des événements qu'ils traversent. Si, en arrivant à la fin d'un chapitre, le lecteur se dit : « Je vais en lire un de plus... », alors j'ai le sentiment d'avoir rempli mon rôle de conteur.

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