Ecrire avec les arbres...
- cedricdemylo
- il y a 5 jours
- 2 min de lecture

Stéphane : Il y a quelque chose qui revient sans cesse dans L'Odyssée des proscrits : les forêts, la campagnes, les paysages... On a parfois l'impression que la nature respire avec les personnages. Pourquoi cette place si importante ?
Cédric : Parce que je ne pourrais sans doute pas écrire autrement. J'ai toujours eu le sentiment que les plus belles histoires naissaient au contact de la nature. Une forêt n'est jamais silencieuse. Un chemin ne mène jamais seulement d'un point à un autre. Derrière chaque paysage se cache une émotion.
Stéphane : Tu sembles lui attribuer une véritable âme.
Cédric : Je ne sais pas si je parlerais d'une âme, mais d'une présence, oui. Lorsque mes personnages traversent un sous-bois, gravissent un plateau ou longent une rivière, ils ne font pas que se déplacer. Ils avancent aussi dans leur propre histoire. La nature accompagne leurs doutes, leurs espoirs, leurs peurs. Elle devient le reflet de ce qu'ils vivent intérieurement.
Stéphane : Tu cherches donc davantage à faire ressentir qu'à décrire.
Cédric : Exactement. Une longue description ne m'intéresse pas si elle ne raconte rien. En revanche, quelques lignes peuvent suffire à faire sentir l'odeur de la mousse après la pluie, le vent qui balaie un plateau ou l'obscurité d'une forêt. Si le lecteur oublie les mots et croit y être quelques instants, alors j'ai réussi.
Stéphane : On sent aussi une forme de respect pour cette nature.
Cédric : Oui, parce qu'elle nous rappelle une chose essentielle : nous ne sommes que de passage. Les arbres, les montagnes ou les rivières existaient bien avant nous et continueront longtemps après. Cette idée remet les hommes à leur place. Je trouve cela à la fois apaisant et profondément inspirant.
Stéphane : Est-ce finalement le véritable fil conducteur de ton roman ?
Cédric : Je dirais que c'est l'un d'eux. L'Odyssée des proscrits et plus largement les deux romans racontent une aventure humaine, mais cette aventure ne pourrait pas exister sans les paysages qui l'accueillent. La nature n'est pas un décor que l'on traverse : c'est une compagne de route, parfois protectrice, parfois hostile, mais toujours indispensable. J'espère que le lecteur refermera le livre avec l'envie de lever les yeux vers les arbres, d'écouter le vent ou de reprendre un sentier oublié. Si mon roman peut donner ce simple élan, alors il aura déjà accompli quelque chose.
.png)



Commentaires